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LE FRANCAIS SIGNÉ |
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Le
français signé, la langue des signes et la dactylologie
Le français signé (FS) et la langue des signes française (LSF) ne sont pas la même chose : La langue des signes française La LSF est une vraie langue, fondée sur le visuel, riche, avec sa propre syntaxe et sa propre grammaire. Ce sont surtout les sourds de naissance ou pré-linguaux qui la pratiquent et ce sont très souvent des sourds profonds. Elle est le socle de la "culture sourde". Chaque pays dispose de sa propre langue des signes mais des analogies existent. La dactylologie C'est
la façon de signer l'alphabet. La dactylologie française est réalisée
avec une seule main. La position des doigts permet de signer les vingt-cinq
lettres de l'alphabet. La dactylologie américaine est différente pour
certaines lettres (la position des doigts et de la main diffère,
l'anglaise se pratique avec les deux mains, etc.). Le français signé C'est une sorte d'intermédiaire entre le français parlé et la langue des signes, c'est un simple support, gestuel, de la langue française classique. Le FS emprunte à la LSF son vocabulaire imagé, "les signes", mais la construction du discours reste calquée sur la syntaxe du français parlé. Il n'y a donc pas de syntaxe ni grammaire spécifique. Pour un signeur pur et dur, le FS est rudimentaire, comme mode d'expression, mais ceux qui l'utilisent se comprennent mieux et c'est le principal ! Ainsi, le français signé est un joli symbole de rapprochement entre sourds de naissance et devenus sourds.
La langue des signes française est, comme toute véritable langue, assez difficile à maîtriser parfaitement lorsqu'elle n'est pas la langue maternelle. De plus, même quand la surdité est arrivée tôt dans leur vie, les devenus sourds ou malentendants (DSME) ont appris à parler et à comprendre la parole. Famille, amis et collègues de travail sont entendants et c'est avec eux qu'ils veulent en priorité rétablir la communication. Ils souhaitent exploiter au maximum leurs reliquats auditifs. Pas plus que leur entourage, ils ne connaissent pas "encore" la langue des signes. En revanche, dans cet univers où les échanges et la communication deviennent pour eux si difficiles et fatigants (la lecture labiale demande un effort de concentration soutenu), le français signé est, dans une certaine mesure, le bienvenu : l'entourage du DSME accepte facilement d'apprendre les signes des mots couramment employés dès il a compris qu'ils permettent d'illustrer le propos et facilite la compréhension. En effet, quand celle-ci bute sur un mot, l'emploi du signe adéquat se révèle salvateur. De plus, cet apprentissage permet au DSME de transmettre à son entourage son nouveau savoir. Cet échange instaure une nouvelle assurance au DSME qui ne se trouve plus ainsi dans une situation de dépendance vis à vis des autres mais dans celle de quelqu'un qui "donne et apporte quelque chose" aux autres. Á l'ARDDS, c'est en toute décontraction que cette discipline est abordée, avec succès, depuis de nombreuses années. Une animation de Français Signée est organisée chaque semaine rue Alexandre Dumas à Paris (pour tout renseignement : contact@ardds.org). L'apprentissage du français signé est assez ludique pour les DSME et leurs conjoints. C'est juste "un plus" et les cours font aussi travailler la mémoire et "bouger son corps". C'est également une démystification de la LSF et une première étape qui incitera certains DSME à persévérer pour apprendre la vraie langue des signes française. ARDDS
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